GIBRAN, Khalil – Le prophète – Les enfants

Dans la continuité de l’article « l’amour » du même auteur.

Les enfants

« Et une femme qui tenait un bébé contre son sein dit, Parlez-nous des Enfants.
Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à la Vie.
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne sont pas à vous.

Vous pouvez leur donner votre amour, mais pas vos pensées.
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez héberger leurs corps, mais pas leurs âmes.
Car leurs âmes résident dans la maison de demain que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux, mais ne cherchez pas à les faire à votre image.
Car la vie ne marche pas à reculons, ni ne s’attarde avec hier.
Vous êtes les arcs desquels vos enfants sont propulsés, tels des flèches vivantes.
L’Archer vise la cible sur le chemin de l’Infini, et Il vous tend de Sa puissance afin que Ses flèches volent vite et loin.
Que la tension que vous donnez par la main de l’Archer vise la joie.
Car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime également l’arc qui est stable. »

Khalil Gibran

2 réflexions au sujet de « GIBRAN, Khalil – Le prophète – Les enfants »

  1. Il est beau ce texte et nous, parents devrions-nous y revenir souvent quand nos enfants nous blessent ou nous posent question….

    Je pense à un autre texte de Roger Garaudy intitulé « L’AUTRE »

    L’amour commence lorsqu’on préfère l’autre à soi-même, lorsqu’on préfère sa différence et son imprescriptible liberté.
    Accepter que l’autre soit habité par d’autres présences que la nôtre, n’avoir pas la prétention de répondre à tous ses besoins, à toutes ses attentes, ce n’est pas se résigner a l’infidélité à notre égard, c est comme la plus haute preuve d’amour : que l’autre soit d’abord fidèle à lui-même.
    Même si cela est souffrance pour nous, c est une souffrance féconde parce qu’elle nous oblige à nous dépendre de nous-même’ à vivre intensément cette dépossession enrichissante; dans la plus amoureuse étreinte, c’est un être libre que nous etreignons, avec tous ses possibles, même ceux qui nous échappent,

  2. Merci Frédérique
    Toutefois, je ne me sens pas à l’aise avec le mot « préférer » dans ce texte, pourtant je pense en effet que « la plus haute preuve d’amour : que l’autre soit » « fidèle à lui-même. » (j’ai retiré le mot « d’abord »). Bien que je comprenne l’idée de ne pas se faire passer en premier de manière égoïste, ma conception repose plutôt sur le « nous sommes tous Un », ce qui fait que je ne conçois pas l’autre et moi comme fondamentalement séparés… Il reste tout de même à s’éloigner de tout égoïsme, tout en se respectant soi-même autant que l’autre. Je crains peut-être la dérive de s’oublier au profit de l’autre, ce qui n’est certainement pas ce que la vie nous demande, même si à première vue le geste semble de la plus grande beauté… Et je comprends le fond de ce texte qui est pour moi que le plus grand amour demande de respecter l’autre dans toutes ses différences et de lui souhaiter de s’épanouir dans cette différence, même si on ne la comprend pas; c’est lui accorder la plus grande liberté. Au final, j’aime beaucoup la dernière phrase qui s’accorde effectivement très bien avec le texte de GIBRAN. Je t’apprécie beaucoup, merci à toi pour ces échanges, ils me nourrissent, je penserai peut-être autrement demain, je suis en évolution 😉

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