Une réflexion au sujet de « Grand Corps Malade – L’école de la vie (live) – YouTube »

  1. Ah ce grand corps malade un grand poète, moi aujourd’hui j’ai découvert un poème d’Aragon que je voulais partager avec toi j’adore.

    C’est une chose étrange à la fin que le monde
    Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit
    Ces moments de bonheur ces midis d’incendie
    La nuit immense et noire aux déchirures blondes.
    Rien n’est si précieux peut-être qu’on le croit
    D’autres viennent. Ils ont le cœur que j’ai moi-même
    Ils savent toucher l’herbe et dire je vous aime
    Et rêver dans le soir où s’éteignent des voix.
    D’autres qui referont comme moi le voyage
    D’autres qui souriront d’un enfant rencontré
    Qui se retourneront pour leur nom murmuré
    D’autres qui lèveront les yeux vers les nuages.
    II y aura toujours un couple frémissant
    Pour qui ce matin-là sera l’aube première
    II y aura toujours l’eau le vent la lumière
    Rien ne passe après tout si ce n’est le passant.C’est une chose au fond, que je ne puis comprendre
    Cette peur de mourir que les gens ont en eux
    Comme si ce n’était pas assez merveilleux
    Que le ciel un moment nous ait paru si tendre.
    Oui je sais cela peut sembler court un moment
    Nous sommes ainsi faits que la joie et la peine
    Fuient comme un vin menteur de la coupe trop pleine
    Et la mer à nos soifs n’est qu’un commencement.Mais pourtant malgré tout malgré les temps farouches
    Le sac lourd à l’échine et le cœur dévasté
    Cet impossible choix d’être et d’avoir été
    Et la douleur qui laisse une ride à la bouche.
    Malgré la guerre et l’injustice et l’insomnie
    Où l’on porte rongeant votre cœur ce renard
    L’amertume et Dieu sait si je l’ai pour ma part
    Porté comme un enfant volé toute ma vie.
    Malgré la méchanceté des gens et les rires
    Quand on trébuche et les monstrueuses raisons
    Qu’on vous oppose pour vous faire une prison
    De ce qu’on aime et de ce qu’on croit un martyre.
     
    Malgré les jours maudits qui sont des puits sans fond
    Malgré ces nuits sans fin à regarder la haine
    Malgré les ennemis les compagnons de chaînes
    Mon Dieu mon Dieu qui ne savent pas ce qu’ils font.
     
    Malgré l’âge et lorsque, soudain le cœur vous flanche
    L’entourage prêt à tout croire à donner tort
    Indifférent à cette chose qui vous mord
    Simple histoire de prendre sur vous sa revanche.
    La cruauté générale et les saloperies
    Qu’on vous jette on ne sait trop qui faisant école
    Malgré ce qu’on a pensé souffert les idées folles
    Sans pouvoir soulager d’une injure ou d’un cri.
    Cet enfer Malgré tout cauchemars et blessures
    Les séparations les deuils les camouflets
    Et tout ce qu’on voulait pourtant ce qu’on voulait
    De toute sa croyance imbécile à l’azur.
     
    Malgré tout je vous dis que cette vie fut telle
    Qu’à qui voudra m’entendre à qui je parle ici
    N’ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci
    Je dirai malgré tout que cette vie fut belle.

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